Les grandes peintures figuratives de l'exposition à la Fondation Vuitton

Les Figurations du "MoMA"

Publié par arman - dimanche 11 février 2018, 15:23 | Voir les avis

moderne contemporain

Après nous être arrêtés sur le Pop Art, les performances et les peintures abstraites, ce dernier volet consacré à la pléthorique exposition de la Fondation Vuitton s'attardera sur les principaux chefs d'oeuvre figuratifs du MoMA qui ont fait le voyage depuis New York.

L'expo est un meddley des avant-gardes européennes après 1900 comprenant notamment l'expressionnisme allemand.

La superbe Scène de rue à Berlin ci-dessus a en plus une histoire : peinte par l'expressionniste Ernst Ludwig Kirchner en 1913, elle fut sortie des collections allemandes car qualifiée de dégénérée par le régime nazi. Elle fut revendue pour finalement rejoindre le MoMA en 1939. Toute la foule des belles dames et beaux messieurs en tenue de soirée qui convergent sur un trottoir de Berlin derrière la lentille de Kirchner, exhibent toute leur joie de déambuler devant les vitrines chaleureuses de la Belle époque. Mais leurs visages grimés et impersonnels n'annoncent-t-ils pas déjà que la rose ambiance va bientôt tourner au rouge car un conflit majeur et mondial se prépare ?

L'un des clous de l'exposition est cette grande toile appartenant à la Période Rose de Pablo Picasso.

Garçon menant un cheval - 1906 - Pablo Picasso

Ce sont les éléments, le vent et le sable tourbillonnant, que nous amène ce garçon vigoureux descendu de son cheval sans selle, qui font irruption au milieu d'un paysage inerte à perte de vue. Picasso nous jette au visage, la poussière d'une cavalcade, la tiédeur du vent hivernal dans le désert et le souffle épique de l'aventure.

Surréalismes

Des oeuvres de Dali, De Chirico et Magritte, tous grands noms du Surréalisme, ont fait partie du voyage : elles sont même les fleurons de ces artistes immenses qui savent représenter le Temps dans l'espace concret de leurs toiles.

Persistance de la mémoire - 1931 - Salvador Dali

Dans un paysage de bord de mer brillant mais inerte comme un diamant, les montres visqueuses du temps arrêté ramollissent et se figent. 

Gare Montparnasse (la Mélancolie du départ) - 1914 - Giorgio De Chirico

Chaque voyageur est une fourmi sur la pente immense qui monte vers le niveau supérieur de la gare, là où comme un monument trônent ensemble une horloge et le Temps. Le Temps qui ici ne se ramollit n'y ne se fige, mais domine et s'étire en occupant tout l'espace géométrique et dépeuplé. 

Richter

Parmi les peintures plus contemporaines, celle-ci a particulièrement attiré notre attention.

Septembre - 2005 - Gerhard Richter

Septembre est une vision au sortir d'un réveil incrédule et brumeux, la surprise édifiante d'un spectacle inédit, l'effroi de la haine filmée en direct et sans effets spéciaux. Et c'est une réalité que le peintre allemand avec ses coups de pinceaux latéraux voudrait garder floutée et non incarnée.

D'autres chefs d'oeuvre figuratifs émaillent bien sûr l'exposition, comme L'Espoir, II de Gustav Klimt, ou la célèbre Maison près de la voie ferrée d'Edward Hopper qui inspira Hitchcock pour Psychose.

Ce quatrième et dernier volet de notre chronique confirme donc que le MoMA a bien débarqué de New-York en plein Bois de Boulogne. A ne pas manquer d'ici au 5 mars.

Pas d'avis pour l'instant.
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