"Rodin. L'exposition du centenaire" au Grand Palais

Sa Majesté Rodin

Publié par arman - mardi 8 août 2017, 12:37 | Voir les avis

classique moderne

A l'occasion du centenaire de sa mort, le Grand Palais proposait jusqu'au 31 juillet une exposition rassemblant les plus grands chefs-d'oeuvre du sculpteur Auguste Rodin (1840-1917).

Abordant largement à la fin la postérité de ce créateur immense, elle devient une belle rétrospective de la sculpture moderne, du début du XXème siècle à nos jours.

En ce qui concerne les oeuvres du seul Rodin, le Grand Palais a surtout mis à contribution les collections permanentes des Musées Nationaux. Le Musée Rodin de Paris, le Musée Rodin de Meudon, le Musée d'Orsay et d'autres musées de province ont ainsi prêté leurs oeuvres parmi les plus célèbres : Le Penseur, Le Baiser, Les Trois Ombres (en dépôt au Musée de Quimper), qu'une rétrospective de l'Artiste ne pouvait évidemment pas manquer. Mais si les oeuvres d'Auguste Rodin nous paraissent encore si belles aujourd'hui, c'est que l'Artiste ne s'est pas contenté de sculpter avec une esthétique classique les corps humains. En leur conférant beaucoup d'expressivité il réussit de plus à rendre universels les sentiments de ses personnages les plus exacerbés.

C'est qu'ils ont souvent un destin bien lourd à porter, à l'image du jeune poète amoureux voulant à tout prix garder à lui sa Muse qui s'échappe et qu'il soutient avec peine - Je suis belle - 1885 - Paris, Musée Rodin

Je suis belle - 1885 - Paris, Musée Rodin

La Danaïde - 1889 - Paris, Musée Rodin

Le Christ et la Madeleine - 1908 - Madrid, Musée Thyssen

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Le plus touchant exemple est sans doute l'oeuvre suivante et que l'on voit en tête de cet article : cette Danaïde qui condamnée à remplir éternellement une jarre sans fond, prostrée se liquéfie, à l'instar de ses épaules dont la ligne tombante semble suivre le cours descendant d'un ruisseau. Epousant la forme même de son malheur, l'eau qui de la jarre immanquablement s'écoule, elle devient paysage féminin, se transforme en source.

La Madeleine, maîtresse du Christ non avouée par les évangiles, devient elle une source de larmes coulant du rocher où le Christ a été crucifié et auquel elle s'agrippe. Rodin recrée tout simplement là l'histoire d'un Evangile mettant cette fois le personnage de Madeleine au centre de la Passion tragique du Christ.

Monument aux Bourgeois de Calais - 1889 - Paris, Musée Rodin (épreuve récente)

Quant aux Bourgeois de Calais, aux pieds et aux mains gigantesques qui témoignent de la terrible responsabilité qu'ils portent, ils cheminent ensemble avec peine la corde au cou. Ces hommes ont choisi de se rendre et de subir la condamnation à mort du Roi d'Angleterre, se sacrifiant ainsi pour l'ensemble des habitants de leur ville. Caliais fut ainsi longuement assiégée pendant la Guerre de Cent ans.

Les sculptures de Rodin sont nombreuses mais l'exposition laisse beaucoup de place aux oeuvres des disciples illustres de l'Artiste, qu'ils soient ses héritiers directs ou indirects.

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