« Le Tintoret » au Musée du Luxembourg jusqu'au 1er juillet

Du génie avec parcimonie

Publié par arman - samedi 30 juin 2018, 18:33 | Voir les avis

classique

Pour fêter les 500 ans de la naissance du grand peintre vénitien, le Musée du Luxembourg consacre une exposition aux oeuvres de jeunesse du Tintoret.

Malgré l'afflux de visiteurs et le grand nombre d'oeuvres sans importance, on ressort ébloui par certains éclairs de génie de l'Artiste qui fut dès ses débuts l'un des Grands Maîtres de la Renaissance.  

Puisque l'exposition intitulée « Naissance d'un génie » proclame l'immense talent du Peintre, il est utile de rappeler d'abord la place du Tintoret dans toute l'Histoire de l'Art. Ce fils de teinturier né à Venise en 1518 fait partie des trois plus grands peintres de sa ville au XVème siècle, avec le Titien son aîné et Véronèse. et surtout de toute la Peinture Vénitienne si l'on excepte Giovanni Bellini. Ceci revient bien à le considérer comme l'un des grands génies de la Peinture du fait de l'importance dans son Histoire de la Renaissance italienne et plus précisément de l'Ecole vénitienne .

Les oeuvres les plus représentatives de son style à effets caractéristique se trouvent bien évidemment à Venise : à la Galerie de l'Accademia, le célèbre musée et à la Scuola San Rocco qui consacre tout son espace aux oeuvres du Maître, parmi lesquelles se trouve cette fabuleuse Crucifixion.

Mais l'oeuvre en grand format ci-dessous, « Jésus parmi les docteurs », la plus époustouflante de celles présentées à l'exposition, est également très représentative.

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C'est une sacrée affaire que de mener les débats théologiques à la synagogue pour le jeune Christ. On est bien sûr frappé par le gigantisme des livres placés au premier plan, feuilletés par ses contradicteurs (voir l'immense toge jaune enveloppante), par la taille de la femme debout à gauche notamment qui de loin l'écoute très attentivement et accompagne notre regard. La perspective qui s'ouvre au milieu de l'assemblée en direction du Christ tout petit est à la mesure de l'exploit réalisé par l'Enfant. Cette grande toile révèle un prodige en même temps qu'elle est elle-même un prodige artistique.

La patte du Tintoret est également reconnaissable sur la toile ci-dessous au fond de la salle.

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La princesse peut bien chevaucher le dragon vaincu, elle doit son secours et s'en remettre à l'ombrageux Saint Georges, encore tendu à cause du danger affronté mais qui lui ouvre finalement le ciel avec ses deux bras levés.

Il faut admirer aussi les toiles dont les mises en scène occupent un espace délimité par la géométrie du sol. De vrais scènes de théâtre s'y jouent (« Le Christ et la Femme adultère » - 1549 - Amsterdam, Rijksmuseum), parfois recouvertes de dorures qui comme de la mousse semblent avoir poussé là pour gommer toute froideur carrelée et faire éclater la magnificence d'une rencontre entre hauts dignitaires (« Salomon et la Reine de Saba » - 1548 - Greenville (E.U.), Museum at Bob Jones University).

Deux tableaux moins solennels mais plus gracieux se contentent d'émerveiller le regard. Découpé en saynètes mythologiques, « Diane et Callisto » ci-dessus, de Paris Bordone, impressionne par ses petits personnages faisant croire à des sculptures animées en porcelaine. Caché dans une clairière de forêt sur une île à l'écart de Venise, le verdoyant « Labyrinthe de l'Amour » du Tintoret, oeuvre qui appartient personnellement à la reine d'Angleterre, cumule justement sur la toile les charmes des jardins anglais et français. Seuls les couples empruntant le chemin le plus long parviennent au centre du labyrinthe pour s'asseoir à la table de la Sagesse.

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D'autres toiles moins parfaites contiennent cependant des détails époustouflants comme ce rideau noir écarté par Judith avant de décapiter le corps livide d'Holopherne, ce dos à l'anatomie parfaite et cette nuque surprenamment bronzée (« Le Péché originel »).

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