Exposition "Pissarro à Eragny" au Musée du Luxembourg

Un coin de paradis

Publié par arman - dimanche 4 juin 2017, 22:08 | Voir les avis

classique

Tout comme Monet à Giverny, Camille Pissarro (1830-1903) s'installe avec sa grande famille durant les vingt dernières années de sa vie à la campagne, dans le village d'Eragny sur Epte situé dans le Vexin et le département de l'Oise.

Enchanté par la campagne alentour, il va guetter les meilleurs points de vues sur les champs, les bois et les rivières et peindre des paysages qui diffèrent selon la lumière, la météo et les saisons. 

Si les oeuvres présentées dans les expositions se montrent souvent académiques, le Musée du Luxembourg a le mérite de nous rappeler que Camille Pissarro n'est pas pour rien l'un des "Pères de l'Impressionnisme". Nous avons regroupé les meilleures toiles autour de trois thèmes, trois motifs dans lesquels visiblement il excellait, et rassemblé d'autres oeuvres qui rappellent le style de ses collègues Monet et Seurat.

Panoramas champêtres

Pissarro ne se privait pas de représenter les points de vue lointains qu'il apercevait tout autour de sa maison ou qu'il découvrait dans ses promenades.

Les coteaux de Gisors - 1884 - Collection particulière

Les coteaux de Thierceville - 1884 - Collection particulière

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Voici une vue panoramique sur les champs des coteaux de Gisors, tout près d'Eragny : la terre agricole, la glaise qui affleure, comme sur la parcelle au centre du tableau, y sont constamment évoquées même lorsque Pissarro représente les toits marrons d'une ferme et les haies qui l'entourent. 

A la faveur de l'automne et du soir roussissant, les arbres des coteaux qui entourent les toits de Thierceville, hameau de Bazincourt situé à côté d'Eragny, prennent une couleur d'orangeade.

La brume

Pissarro pose une fine pellicule blanche sur les paysages recouverts de givre, et voile l'air automnal embué d'une vapeur humide.

Pommiers à Eragny, automne - 1892 - Wuppertal, Musée von der Heydt

Effet de neige à Eragny - 1894 - Musée d'Orsay

Vue de Bazincourt, gelée blanche - 1891 - Collection particulière

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Dans "Vue de Bazincourt" la brume laisse la place au soleil du matin qui à travers la gelée blanche fait timidement percer les couleurs en éveil. 

La rivière

La rivière chez Pissarro n'est pas qu'un motif propice à peindre les reflets sur l'eau, elle permet surtout au peintre impressionnniste de construire autour d'elle une scène d'une unité et d'une harmonie stupéfiantes.

Le Bain de pied - 1895 - Chicago, Art Institute

L'abreuvoir d'Eragny - 1894 - Collection particulière

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C'est un coin merveilleux caché à l'abri des bois où la lumière d'une journée ensoleillée n'entre que timidement. Elle se reflète à peine sur la rivière qui se confond avec la couleur vert foncée des arbres alentours. De la rive en pente arrondie semble s'écouler l'eau d'une fontaine, dont cette baigneuse au geste délicat serait la sculpture, la nymphe. 

Autre merveille d'équilibre le ciel qui se reflète sur l'eau alors que les arbres se font face de part et d'autre du ruisseau. Et au centre les boeufs qui s'abreuvent devant les maisons ocres.

Comme Claude et Georges

Certains tableaux de Camille Pissarro rappelleront les toiles et raviront les amateurs de Claude Monet. On s'aperçoit avec les paysages enneigés de Effet de neige à Eragny, la route de Gisors et Vue de Bazincourt, effet de neige, soir que l'Impressionnisme était bien une école et un courant artistique au style homogène.

Camille Pissarro a par ailleurs été le premier, avant la célèbre série de Claude Monet, à choisir une meule de foin comme motif, même si cette autre La meule, soleil couchant, Eragny au magnifique contre-jour lui est certes postérieure.

Pissarro vouait une admiration sans borne à Georges Seurat l'inventeur du pointillisme de presque vingt ans son cadet, tant qu'il commença à évoluer vers ce style pour peindre certaines scènes de paysannerie à Eragny, au trait un peu sommaire et naïf. Nous préférons Soleil couchant, automne, Eragny dont la lumière dorée découpe les nuages et les arbres en leur donnant du volume.

Jolie exposition que celle proposée par le Musée du Luxembourg, que l'on peut prolonger avec celle consacrée également à Pissarro par le Musée Marmottan.

Pas d'avis pour l'instant.
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